17/04/2018

7530

Les « maîtres de vie», « enseignants spirituels », « livres sacrés », « recueils de vérités », « sages de tous les âges » ne servent qu'à une seule chose : vous faire prendre conscience que vous n'avez pas besoin d'eux.

27/03/2018

Mission

- Cédric, tu fais quoi dans la vie ? Tu fais quoi sur Terre ?
- J'élabore ma mission.
- Ce n'est pas encore fait ?
- Ça prend le temps que ça prend.

17/03/2018

7529

Tout départ devrait être donné à 3h21.

07/03/2018

7528

La belle à qui l'on ôte les deux ailes prend son envol à l'anglaise.

02/03/2018

7527

Elle est en joie, la jolie.

7526

Allongé sur le ventre, j'ai une énorme grosse boule en face de moi.

26/02/2018

7525

À chaque pensée, je grandis. 

Vous lisez mes mues.


17/02/2018

Tour


C'est reparti pour un tour. Ou pas un tour. Peut-être une ligne droite vers l'inconnu, sans retour à la case départ.

Disons que c'est reparti pour un chemin. Un chemin de mots. Sans but ni objectifs.

Voyez à droite, le bel arbre corné, à gauche le ... euh... le... j'ai oublié le nom mais pas besoin de mettre de mots sur chaque chose que nous voyons, vous les voyez aussi bien que moi.

Tiens, un faisan est passé par là, on voit ses traces d'ailes dans l'air.

Quel beau et gros nuage au loin dans le ciel tendre.

C'est un chemin inédit, je ne suis jamais passé par ici, j'avance doucement, pas après mot, mot après pas, continuons.

08/02/2018

Éveil ?


José Leroy pose une série de questions sur son blog. Je me suis pris au jeu et voici mes réponses :


« Qu'est-ce que l'éveil spirituel pour vous ?


C'est une histoire que se raconte l'esprit, le mental, la pensée. Cette histoire est forcément un mirage, une illusion car la pensée, le langage, le souvenir ne pourront jamais enfermer au moyen de mots et d'images la conscience vécue ici et maintenant.

La conscience vécue, le fait d'être au monde (qui ne sera jamais ailleurs qu' ici et maintenant) est incommunicable, ineffable, indicible.

Cette histoire d' « éveil spirituel », qu'on se la raconte à soi-même ou à d'autres ou qu'on écoute celle d'autrui, n'a aucune importance, elle ne sera jamais le maintenant, l'instant vécu.


Avez-vous vécu un éveil spirituel ?
Et si oui, pouvez-vous le raconter ici ?

Il y a une certaine histoire de ce genre dans ma tête. Elle n'a aucune importance, mais je la livre tout de même :

Vers 18/20 ans, alors que je n'avais aucune pratique spirituelle particulière, j'ai vécu plusieurs moments de plénitude, de détachement total de « moi », d'extase, de clarté absolue, des instants hors du temps, hors de « moi », hors de la pensée.

Les années qui suivirent, les souvenirs de ces instants ne m'ont jamais quitté. Je dirais qu'ils ont été en quelque sorte les déclencheurs d'une remise en question totale de tout : Qu'est-ce que ce monde ? Qu'est-ce que moi ? Qu'est-ce que cette société ? Quelle va y être ma place ? Qu'est-ce que je veux ? De quoi ai-je besoin pour vivre ? Qu'est-ce qui est vrai ? Etc.

Je sentais qu'il allait me falloir tout comprendre par moi-même, ne rien fuir, remettre en question tous mes conditionnements, tous mes préjugés, tout ce qu'on me disait et m'avait appris, aussi.

Je me suis intéressé en parallèle à beaucoup de « penseurs » liés de près ou de loin à la « spiritualité ». Souvent des choses que je lisais, que j'écoutais, résonnaient en moi. Mais je savais que ces « vérités » ne venaient pas des autres, elles étaient déjà présentes en « moi ». Je n'ai jamais attendu quoi que ce soit de qui que ce soit, je savais que le « chemin », j'avais à le faire moi-même, car de toute façon quoi que qui que ce soit aurait pu me dire, je l'aurais remis en doute, en cause, en question.

J'ai vécu aussi une longue période sombre, sans énergie. Elle aussi fait partie de l' « histoire ».

Mais en réalité, rien de tout cela n'existe maintenant, cette histoire n'existe que dans la pensée. Là maintenant je n'ai pas d'âge (je sais que j'ai 37 ans mais ça aussi ce n'est qu'une histoire que se raconte la pensée), je ne suis pas les mots que j'écris, ni « mon » histoire, ni les mots que je pense.

Faites-vous une différence entre l'éveil et la réalisation ?


Je n'ai pas besoin de ces mots, je n'utilise pas ces mots. « Réalisation » n'est tout autant qu'une histoire que l'esprit se raconte.

La pensée ne peut pas rendre compte de la conscience vécue. Des milliards de mots ont déjà été écrits, ils n'aideront jamais personne à voir, à être. Car voir, être, est au-delà des mots, ne viendra jamais des mots. Les mots viennent toujours après, ils ont toujours un temps de retard. Les mots ne seront jamais la cause, ils ne seront toujours qu'une conséquence.

Cela dit, j'aime écrire et jouer avec le langage, c'est un plaisir et un jeu, mais rien de plus. Je sais que je ne peux aider personne à Être, car chaque être humain Est déjà parfaitement, même s'il pense le contraire. »



José Leroy m'a répondu ceci :

« "Des milliards de mots ont déjà été écrits, ils n'aideront jamais personne à voir, à être".
Les mots de Nisargadatta Maharaj m'ont aidé à réaliser qui je suis. Les mots quand ils viennent de la source peuvent y ramener »




Et voici ce que j'ai répondu à ses mots :



« Les mots ne créent pas la source.

"Réaliser qui je suis" est de l'ordre de la pensée, de la perception. Les pensées des autres peuvent influencer notre pensée, je ne prétends pas le contraire. La Source est partout et toujours, y compris donc dans les mots issus d'elle, mais aussi dans toutes les choses les plus simples et triviales. Tout peut donc potentiellement « ramener à la source ».

La source est intacte depuis le départ, depuis la naissance, et inaltérable, quels que soient nos pensées, nos mots, l'état du mental, notre conscience de soi ou du monde.

Ce qui change, ce qui évolue, est toujours la couche superficielle de nos êtres. Les autres (leurs mots, leurs pensées, leurs visions, leurs façons d'être) peuvent en effet avoir une influence sur cette couche-là mais pas sur la source que nous sommes tous. ( La « vision sans tête » aussi est une « transition de perception » à la surface de nos êtres, elle ne change rien fondamentalement.)

Je prétends que les mots des autres peuvent aussi, et c'est le cas le plus souvent, être une limite, devenir une limite, un cadre qui rend aveugle à la source. Le « disciple », l' « élève », ne voient plus que les mots du maître, il pense que la « libération » viendra des mots, de la pensée. Or la pensée ne changera jamais que la pensée.

Je ne considère pas avoir eu de maître, mais il y a un penseur vers lequel je suis retourné durant des années, c'était presque une obsession, je revenais vers ses mots, vers les vidéos où on le voyait parler, discuter, c'est UG Krishnamurti (à ne pas confondre avec Jiddu Krishnamurti), il n'y a que depuis quelques années seulement que je m'en suis totalement détaché. Ça s'est fait tout seul, je n'ai pas décidé de m'en détacher.


Il faut lâcher la main des autres, de tous les autres, pour « plonger à la Source ». Les « autres » disparaissent, n'existent plus à la Source. Car l'autre n'est en fait qu'un ensemble de pensées dans la tête, un ensemble d'images, de mots, et tout cela ne sera jamais que de l'ordre de la pensée. A la Source, plus aucune identité n'existe, l'autre (y compris le « maître ») n'existe plus.

Et puis si c'est pour répéter ce que le « maître » a dit, à quoi bon ? Si vraiment on se baigne dans la Source, on Est la source, les mots qui sortent sont originaux. Car bien que la source soit identique en chacun, chaque individu est unique, et les mots qu'il utilise pour parler, uniques aussi. (à moins qu'il se limite à n'être qu'un perroquet, qu'il se complaise dans la posture de l'imitateur. (on en voit beaucoup qui répètent les paroles du maître mot pour mot))

Faire de quelqu'un son maître, c'est se limiter à la pensée de celui-ci. Alors qu'explorer la Source sera toujours bien plus vaste que les mots du maître quel qu'il soit. La source n'a pas de limites, les mots (fussent-ils du maître), si.

J'ai une question pour vous, cher José Leroy, elle vous semblera peut-être un peu provocatrice mais je vous la pose quand même : Douglas Harding est-il votre maître ? »

27/01/2018

Être vrai



Je me fous d'être original.

D'écrire commun, d'écrire banal.

D'agir comme ou de ne pas agir comme,

D'être comme ou de ne pas être comme.


Tout ce qui m'importe, c'est d'être vrai.



12/01/2018

Respirer


Écrire sans autre but que celui de partager ce qui s'écrit, comme on respire sans autre but que celui de respirer, comme on est sans autre but qu'être.

Je n'écris pas même pour m'adresser à quelqu'un.

J'écris comme on chante dans une vallée, qu'il y ait un écho ou non.

J'écoute le chant que produisent mes doigts, ma pensée.

Il était une fois, quelque part, ces mots.

Bonjour.

Sourire.

Mystère.

À chacun de s'écrire soi.

On existe par les mots, dans les mots, en-deçà des mots, par-delà les mots, au-delà des mots.

Même quand ils ne sont pas présents, les mots sont toujours quelque part.

Vous me voyez ? Je suis ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici...

30/12/2017

Explosion


L'année est un concept.

Aucun instant n'est particulier.

L'instant est la conscience.

Il est une explosion éternelle d'être.

Je suis est la vérité. « J'étais » et « je serai » ne sont que des concepts.

« Je ne serai plus » n'est tout autant qu'une idée abstraite.

Je suis l'explosion.

Vous êtes l'explosion.

Tu es l'explosion.

Boum.

Boum.

Boum.

15/12/2017

Écran blanc, touches noires.

Comme d'habitude, quand je sens une envie d'écrire, je m'installe devant l'écran blanc.

Ces mains tapotent ces touches noires, comme si elles tentaient de trouver le bon code. Mais toujours elles échouent. Le code n'est jamais le bon. Donc il faut recommencer. Ou alors, peut-être que tout est déjà ouvert.

Ces doigts auraient beau tapoter tous les codes possibles, tous les mots de passe imaginables, toutes les phrases du monde, rien ne changerait puisqu'il n'y a rien à débloquer.

J'invente des phrases, des textes, des séquences de mots, par simple plaisir, parce que ça me chante un doux air, parce que mes doigts aiment danser.

Il n'y a pas d'autre but à l'écriture, à la pensée, que cette envie et ce plaisir, le réel n'ayant pas besoin d'être décodé.

Le réel est déjà un livre ouvert, mais c'est ainsi : on aime y griffonner nos notes personnelles.

05/12/2017

Parlote

Tous les mots sont extérieurs.

Même les mots dans nos têtes sont extérieurs.

Ils n'existent pas à l'intérieur.

L'intérieur est un silence dont aucun mot ne peut rendre compte.

La pensée est extérieure à la vérité.

On parle pour s'entendre parler.

On pense pour s'écouter penser.

Mais toutes nos parlotes, toutes nos pensotes n'auront jamais rien à voir avec le silence, avec l'intérieur.

L'intérieur n'a besoin d'aucun mot ni d'aucune pensée, il rit.

28/11/2017

La pomme

Tu ne connaîtras qu'une pomme à la fois, chaque expérience de « je croque dans une pomme » est unique, chaque pomme est unique. L'idée « je connais la pomme » n'est qu'un concept, impossible de connaître toutes les pommes, ou la façon dont un autre perçoit ou fait l'expérience de la pomme. On « connaît » la pomme à travers nos sens, on fait l'expérience de sensations, on mémorise des sensations : goût, toucher, odeur, son, vision, d'UNE pomme, puis d'une autre,...

Et la mémoire nous joue des tours. On ne connaîtra jamais grand-chose de « la pomme », on connaît juste un peu d'une pomme, puis d'une autre, puis d'une autre,... Et notre cerveau range tout cela dans un même concept, dans la case « pomme ».

Il y a tant de variétés de pommes comme il y a tant de variétés de vies, on ne connaît toi et moi que la variété de vie « être humain », l'expérience de vie que fait un chevreuil, une taupe, un poisson bulle, un scolopendre, on n'en fera jamais l'expérience, on ne la connaîtra jamais, on ne connaîtra jamais « la vie », on connaît un peu l'expérience d'UNE vie, d'UN être humain « moi ».

On ne connaîtra jamais grand-chose de la pomme, mais ça n'empêche pas de croquer dedans et de prendre plaisir à la manger.

24/11/2017

Ricochets

Chaque mot est le premier.

Tout est arrêté.

L'immobilité contient tous les mouvements.

C'était hier, quand j'étais vieux.

L'eau s'amuse des ricochets des mots.

Le silence absorbe tous les bruits.

Je suis là-bas si loin là-bas, partout là-bas, regardez bien, c'est ici.

09/11/2017

Les mots et la conscience

Écrire la conscience, c'est comme peindre une odeur ou tenter de reproduire le son d'une couleur, c'est toujours viser à côté, trahir, rater le coche.

Les mots et la conscience sont deux mondes inconciliables.

La conscience ne peut être mise ni en mots ni en couleurs ni en musique, elle est incommunicable.

La conscience est. Je la suis. Et ces mots sont tous faux.


Les mots, d'où qu'ils viennent, sont à la conscience ce que l'air que l'on déplace avec nos doigts est au cyclone dévastateur.

La conscience se rit de nos mots dérisoires, de nos prétentions littéraires, poétiques, philosophiques.

Je me ris des mots que j'écris.


Ce que vous pensez de ces mots, ce sont des mots que vous ajoutez par-dessus des mots. Ces mots sont dérisoires et ce que vous pensez de ces mots est dérisoire au carré.

Je ne pense rien de tous les mots écrits dans tous ces livres, ces bibles, ces essais philosophiques, ces textes sacrés, des mots et des mots et des mots à la pelle. Je n'en pense rien.

Je suis la conscience, je n'ai rien à faire de tous ces mots, ils ne concernent que ceux qui les écrivent, les ont écrits, les écriront.

Ceux qui se sentent concernés par les mots des autres consacrent leur attention à de petites flaques éparses et ne voient pas l'océan qu'ils sont.

Les mots ne sont en vérité qu'un divertissement, un jeu, ils ne seront jamais importants, jamais essentiels, ils sont quelques confettis lancés en l'air quand la conscience est le ciel tout entier.

Ne vous attachez pas aux confettis que je lance ici, regardez-les simplement pour ce qu'ils sont : un petit spectacle éphémère et dérisoire.

Alors que vous lisez ces mots, vous, vous qui les lisez, vous êtes la conscience, que vous en ayez conscience ou non.

05/11/2017

Approfondir

Étant donné que personne ne peut faire le chemin à ma place, je m'avance.

Je saute en moi-même, c'est-à-dire dans l'inconnu.

Si vous avez une idée de ce que vous allez trouver, vous ne trouverez que cette idée.

Les pensées des autres doivent toutes être remises en question et en cause. Si vous vous accrochez à une phrase lue ou entendue, c'est que vous avez déjà des points d'arrivée, des pensées toutes faites que vous avez empruntées.

Votre cerveau vous inventera un chemin, une chaîne logique de pensées pour aboutir à la pensée préétablie.

Il faut donc partir totalement seul, sans bouée, sans béquille, sans l'aide de personne.

Pour se découvrir, il faut tout découvrir.

Toutes les paroles de tous les sages de tous les temps sont à jeter à la poubelle.

Et là, seulement là, le premier pas est déjà un pas dans l'inconnu.

Je suis seul face à moi, seul en moi, seul devant moi, seul avec moi.

Mais comment pourrais-je être seul, si déjà il y a « moi » ?

C'est quoi « moi » ? Est-ce que ça existe vraiment « moi » ?

« Moi » est un mot de trois lettres, suis-je un mot de trois lettres ?

Évidemment que je ne suis pas ce mot-là, quand je n'ai pas ce mot à l'esprit, j'existe toujours, et si je ne suis pas « moi » comment pourrais-je être quelque mot que ce soit ?

Je ne suis aucun des mots, aucune des pensées.

Si je suis quelque chose, c'est l'espace qui contient tout, toute chose, toute image, toute pensée.

Je suis le mot « moi » autant que je suis le mot « hirondelle », pas plus, pas moins.

Les sens ne sont pas moi. Quand je ferme les yeux, je suis toujours moi, quand je me bouche les oreilles, le nez, toujours moi, quand je ne touche rien, ne goûte rien, je suis toujours moi.

Il y a des sensations de corps ressenties dans cet immense espace, espace infini. Est-ce « mon » corps ? Qui dit « mon » ?

« Mon corps » n'est qu'une idée. Sans cette idée, j'existe toujours.

Je n'ai aucune idée du prochain pas.

03/11/2017

Voir

Quoi que je dise, quoi que j'écrive, quoi que qui que ce soit dise ou écrive, c'est vous qui voyez.

Personne ne peut voir à votre place.

La vérité ne sera jamais dans aucun mot puisqu'elle est l'acte de voir, le fait d'être.

C'est la raison pour laquelle elle est incommunicable.

Pourquoi écrire alors ? Simplement sans raison.

Comme le soleil brille sans raison.

Comme la tempête souffle sans mission.


La plus belle poésie ne sera jamais au mieux qu'un infime reflet tordu du réel.

Le plus beau texte est à l'Être ce que l'allumette est à l'étoile.


Pourquoi écrire, pourquoi lire ? C'est vous qui voyez.

Je vois, j'écris, je vois ce que j'écris, j'écris ce que je vois.

Sans prétention aucune d'aider qui que ce soit à voir.

Si vous voulez y voir clair, ne plongez pas dans mes mots, plongez-vous en vous.