04/06/2017

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La solitude commence quand les mots que d'autres ont pensés, écrits, tous les mots, tous les autres, perdent tout poids en soi et nous quittent.

Je commence à être seul, car ces mots des autres qui pourtant m'avaient tant parlé, avaient tant résonné en moi, se dissipent, s'évaporent, s'éloignent.

Je me retrouve seul, l'esprit blanc, à l'écoute de ce que j'ai, peut-être, à exprimer.

5 commentaires:

  1. Tu crois ?
    D'autres mots finissent par nous parler non ?
    N'est-ce pas un éternel recommencement ?
    :P

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    1. Je verrai.

      Les mots, peut-être, ne feront que passer.

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  2. Mais nous en sommes tous là, Cedric, à nous retrouver seuls, l'esprit blanc, à écouter ce que l'on a peut-être à exprimer. Sauf qu'il y a des blancs plus chargés de "promesses" (mot compte double ;-)) que d'autres. Il y a les balles à blanc, bruit de fond dont nous ne garderons qu'une vague empreinte sonore et inconfortable, que nous nous empresserons d'oublier. Et puis, il y a le blanc dont il s'agit de nourrir l'absence en lui donnant une consistance.

    Exemple ? Exemple ! Il y a celui qui va ratiociner sur sa vie, celle des autres, voire sur la vie en général ("oh ben la vie c'est trop court ", "oh ben la vie c'est beau, c'est bien, c'est bio. J'la kiffe !" avec la variante pseudo-philosophie de comptoir, genre "carpe diem ! c'est coelho qui l'a dit !". Elucubrations égocentrées qui ne servent généralement à rien ni à personne sauf à nourrir l'ego du quidam qui en fera le roman de sa vie sur les rézosocios. On est content pour lui/elle ! Si, si ! ;-)

    Et puis, il y a celui qui va réfléchir à la valeur statistique de la vie (VSLV) : ses coûts, ses bénéfices, le consentement à payer qu'elle implique, ses occurrences dans un corpus littéraire où il s'agira d'extraire et de mettre à jour ses préférences déclarées ou ses préférences révélées. Celui-là n'ira pas étaler ses mots sur les rézosocios au milieu des zozios, ni des lanternes, ni des vessies, mais ses mots auront un impact sur la société toute entière, ils ne "feront pas que passer".

    Ah comme il est bon de se retrouver et de ne plus se laisser tirer vers le bas. Vous ne trouvez pas ? Non ? Moi si ! ;-)

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  3. Mouais ... en tout cas, si les mots des autres s'évaporent, le quittent, l'abandonnent (liste non exhaustive ;-)), l'idée de la lecture de ses mots, à lui, par les autres, ne semble pas l'avoir quittée.

    C'que c'est d'nous tout de même et comme nous sommes à la fois présents et distants, déterminés et indéterminés, vaporeux et néanmoins consistants, quites sans être prêts à être quittés, détachés et pourtant reliés, ... car ces mots que j'écris là, sur le vide papier que la blancheur défend (blablabal) ne feront, peut-être que passer...mais aussi repasser en faisant semblant de n'être jamais passés, tout en passant histoire de voir si ça passe et s'il y a des passants qui viendront me voir passer.

    Sinon, j'peux vous raconter une histoire de Toto ...ou pas ...ou peut-être...je ne sais pas ... je ne sais plus ... je suis scylla et si perdu ... dormir, rêver, mourir, peut-être ? Aaaarggh, déjà je ne suis plus.

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  4. Alors c'est peut-être le moment. De t'exprimer.

    Tu es un vrai bonheur à lire.

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